A la découverte de Susanne

Susanne

Pourquoi l’association entre un clown et un psychiatre ?

C’est totalement complémentaire. Le psychiatre représente l’outil primaire qui est la parole. Le clown va chercher ce qui est par définition, juste à travers le contact. Sans intellectualiser. C’est une rencontre entre l’enfant intérieur qui ose partir en exploration et l’adulte qui essaye de comprendre le monde d’une manière plus analytique.

En quoi consistent les ateliers que vous proposez autour du jeu de clown ?

On travaille des thématiques spécifiques par le jeu clownesque en fonction de ce qu’on veut visiter. On se concentre sur une émotion, un souvenir, un conte par exemple en passant par la métaphore et des rituels théâtraux. On utilise également les masques qui obligent à s’exprimer par le corps. Les participants sont les témoins des uns des autres et l’expérience de chacun entre en résonnance avec celle des autres. En individuel, on travaille sur des blocages ou des difficultés de la même manière.

Une approche analytique est-elle compatible avec une approche énergétique ?

Complètement. L’ensemble forme un tout. Si on ne fait que l’un ou que l’autre, il manque la moitié. Nous sommes des êtes rationnels dotés de facultés d’analyse mais aussi des corps faits d’énergie, de créativité, d’émotions. L’analytique passe par la parole. L’énergétique passe par le corps. Le jeu permet d’explorer l’inconscient et de faire des découvertes insoupçonnées. Proposer de combiner les deux est une évidence.

Est-ce que votre démarche est novatrice et qu’apporte-t-elle par rapport aux autres ?

Absolument. Elle apporte l’expérimentation de soi, de ses émotions, ses zones d’ombres et son potentiel créatif. Elle amène à s’accepter tout entier. Le jeu nous défige et nous décentre. Il nous permet d’expérimenter d’autres perspectives et nous oblige à sortir de notre système de fonctionnement. Notre démarche consiste en un tout, elle est active et créative. Le clown, entre autres, amène le rire qui sort de la honte et qui sauve, libère.

A qui s’adressent vos ateliers ?

D’abord à tous ceux qui veulent aller à la découverte de leur enfant intérieur, de leur créativité, de la richesse et de tous les trésors cachés en eux. Ensuite de façon plus thérapeutique à ceux qui veulent découvrir leurs ombres et les transformer. Le clown permet de créer des personnages qui existent en chacun de nous pour les mettre en jeu, les conscientiser et les intégrer.

Pourquoi proposer un accompagnement par le jeu de clown à des équipes de praticiens hospitaliers ?

Beaucoup de médecins et soignants sont en burn out ou quittent leur métier à bout de souffle. On est confrontés à une pression de plus en plus grande sur le devoir de guérison, le refus de la mort, les diminutions d’effectifs et de budgets. En même temps la médecine est de plus en plus poussée et exigeante.

Le jeu de clown est formidable comme outil de supervision pour vitaliser l’énergie tout en lançant le processus analytique de façon ludique. Il va beaucoup plus loin que la parole. Dès lors qu’il se montre, le corps ne peut pas cacher alors que les mots peuvent masquer et mentir. Quant aux masques, ne vous y fiez pas : ils démasquent !

Pensez-vous que les gens soient ouverts à ce type de démarches aujourd’hui ?

L’intérêt est là mais il y a encore beaucoup de peurs. Pour les uns il est plus facile de rester dans les mots et la théorie, pour les autres dans l’énergie pure et la crainte de formuler très clairement les choses qui vont aider à changer. Le clown peut faire peur car manquer en apparence de sérieux ou symboliser une compétence artistique. Nous proposons des ateliers de découverte pour lever toutes ces peurs et rassurer par l’expérimentation sans bousculer ni intellectualiser.

Quelle est votre formation ?

J’ai d’abord travaillé en neurologie puis en épileptologie. J’ai ensuite quitté la neurologie que je pratiquais en Allemagne pour aller faire de la psychiatrie en Suisse. Je me suis inscrite à l’institut de Jung à Küsnacht à Zürich pour ma formation en psychothérapie. Mon cursus, c’est 6 ans de médecine générale, 3 ans et demi de neurologie et 5 ans pour obtenir le titre de psychiatre-psychothérapeute. Et un vrai plaisir à exercer en continuant à explorer aujourd’hui.

En savoir plus sur le parcours professionnel de Susanne

Les coups de coeur de Susanne

Une couleur : Rouge
Un plat : Pasta et sauce tomate maison
Une icône : Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier
Un livre : La danse de la réalité de Jodorowsky
Un pays : La Colombie
Un film : Et maintenant on va où ?