A PROPOS DE NOUS

Clown Up est issu du travail à quatre mains d’une psychiatre allemande Susanne Silva et d’un clown colombien Luis Silva. Leur objectif est d’aider les individus à construire une énergie de vie qui fait grandir. Ils proposent une expérience unique dans laquelle le rire libérateur est central. Le travail se fait à travers des modules définis selon un protocole exigeant dont les résultats sont durables.

A LA DÉCOUVERTE DE SUSANNE

Pourquoi l’association entre un clown et un psychiatre ?

C’est totalement complémentaire. Le psychiatre représente l’outil primaire qui est la parole. Le clown va chercher ce qui est par définition, juste à travers le contact. Sans intellectualiser. C’est une rencontre entre l’enfant intérieur qui ose partir en exploration et l’adulte qui essaye de comprendre le monde d’une manière plus analytique.

En quoi consistent les ateliers que vous proposez autour du jeu de clown ?
On travaille des thématiques spécifiques par le jeu clownesque en fonction de ce qu’on veut visiter. On se concentre sur une émotion, un souvenir, un conte par exemple en passant par la métaphore et des rituels théâtraux. On utilise également les masques qui obligent à s’exprimer par le corps. Les participants sont les témoins des uns des autres et l’expérience de chacun entre en résonnance avec celle des autres. En individuel, on travaille sur des blocages ou des difficultés de la même manière.

Une approche analytique est-elle compatible avec une approche énergétique ?
Complètement. L’ensemble forme un tout. Si on ne fait que l’un ou que l’autre, il manque la moitié. Nous sommes des êtes rationnels dotés de facultés d’analyse mais aussi des corps faits d’énergie, de créativité, d’émotions. L’analytique passe par la parole. L’énergétique passe par le corps. Le jeu permet d’explorer l’inconscient et de faire des découvertes insoupçonnées. Proposer de combiner les deux est une évidence.

Est-ce que votre démarche est novatrice et qu’apporte-t-elle par rapport aux autres ?
Absolument. Elle apporte l’expérimentation de soi, de ses émotions, ses zones d’ombres et son potentiel créatif. Elle amène à s’accepter tout entier. Le jeu nous défige et nous décentre. Il nous permet d’expérimenter d’autres perspectives et nous oblige à sortir de notre système de fonctionnement. Notre démarche consiste en un tout, elle est active et créative. Le clown, entre autres, amène le rire qui sort de la honte et qui sauve, libère. 

A qui s’adressent vos ateliers ?

D’abord à tous ceux qui veulent aller à la découverte de leur enfant intérieur, de leur créativité, de la richesse et de tous les trésors cachés en eux. Ensuite de façon plus thérapeutique à ceux qui veulent découvrir leurs ombres et les transformer. Le clown permet de créer des personnages qui existent en chacun de nous pour les mettre en jeu, les conscientiser et les intégrer.

Pourquoi proposer un accompagnement par le jeu de clown à des équipes de praticiens hospitaliers ?Beaucoup de médecins et soignants sont en burn out ou quittent leur métier à bout de souffle. On est confrontés à une pression de plus en plus grande sur le devoir de guérison, le refus de la mort, les diminutions d’effectifs et de budgets. En même temps la médecine est de plus en plus poussée et exigeante.

Le jeu de clown est formidable comme outil de supervision pour vitaliser l’énergie tout en lançant le processus analytique de façon ludique. Il va beaucoup plus loin que la parole. Dès lors qu’il se montre, le corps ne peut pas cacher alors que les mots peuvent masquer et mentir. Quant aux masques, ne vous y fiez pas : ils démasquent !

Pensez-vous que les gens soient ouverts à ce type de démarches aujourd’hui ?
L’intérêt est là mais il y a encore beaucoup de peurs. Pour les uns il est plus facile de rester dans les mots et la théorie, pour les autres dans l’énergie pure et la crainte de formuler très clairement les choses qui vont aider à changer. Le clown peut faire peur car manquer en apparence de sérieux ou symboliser une compétence artistique. Nous proposons des ateliers de découverte pour lever toutes ces peurs et rassurer par l’expérimentation sans bousculer ni intellectualiser. 

Quelle est votre formation ?
J’ai d’abord travaillé en neurologie puis en épileptologie. J’ai ensuite quitté la neurologie que je pratiquais en Allemagne pour aller faire de la psychiatrie en Suisse. Je me suis inscrite à l’institut de Jung à Küsnacht à Zürich pour ma formation en psychothérapie. Mon cursus, c’est 6 ans de médecine générale, 3 ans et demi de neurologie et 5 ans pour obtenir le titre de psychiatre-psychothérapeute. Et un vrai plaisir à exercer en continuant à explorer aujourd’hui.

En savoir plus sur le parcours professionnel de Susanne

A la découverte de Luis

Pourquoi proposez-vous aujourd’hui des ateliers autour du jeu de clown ?

Le jeu de clown est très spontané et laisse sortir de façon évidente ce qui est enfoui en chacun de nous. Tu joues les réactions émotionnelles que tu as. Tu n’es pas dans le faire. Tu es dans l’être. Tu travailles avec ta mémoire affective et corporelle. Tu touches des endroits que tu ne veux pas forcément visiter. Tu crées un personnage par rapport à ce que tu es. Tu te mets à nu par rapport à toi-même et tu travailles avec ce que ça te fait. Le clown permet de transgresser, de dépasser ses limites et les interdits sociaux. C’est un travail d’acceptation de soi en profondeur et de l’autre, par ricochet. 

Comment avez-vous mis au point les ateliers que vous proposez ?

Avec Susanne, on a beaucoup échangé et mis en commun nos pratiques. On a participé à des ateliers qui font interagir plusieurs techniques. Ca nous a permis ensuite de mettre au point notre propre méthode, basée sur le théâtre, le clown, le chant et les outils thérapeutiques. On explore en permanence les voies qui correspondent à ce qu’on a envie de faire. 

Est-ce que votre méthode existe ailleurs ?

Ce qui fait notre ADN, c’est le travail à quatre mains d’une psychiatre allemande et d’un clown colombien. L’association de deux personnalités et de deux parcours aussi différents que complémentaires qui s’enrichissent et se démultiplient. Notre objectif est d’aider les individus à construire une énergie de vie qui fait grandir. En s’écoutant, en allant au fond de soi et de ses ombres pour les regarder sans jugement et les faire entrer en résonance avec celles des autres. Ca permet de les apprivoiser et de reconnaître la légitimité de l’état de ce qu’on vit.

Pourquoi êtes-vous devenu clown ?

Avant-dernier d’une famille de 9 enfants, j’ai été quelqu’un de très timide qui avait du mal à trouver sa place et à prendre la parole en public. Le théâtre m’a permis de trouver les mots pour exister dans mon lien à l’autre. Le mime te permet de raconter beaucoup de choses sans passer par les mots. Il peut se jouer seul sans dépendance à l’autre. Devenir clown s’est révélé comme un besoin, une évidence. L’envie de devenir visible au-delà des mots. La fragilité, on peut la confier au clown sans mise en danger. La timidité que j’éprouvais disparaissait. Je jouais. J’existais.

Que retirez-vous de votre expérience de clown à l’hôpital ?

J’ai beaucoup appris en faisant le clown à l’hôpital pendant 15 ans. C’est une pratique en continu qui t’oblige à te renouveler, adopter une rigueur, te remettre en question et accepter que tu puisses être inégal dans la durée. A l’hôpital, un clown est incongru. Ce n’est pas sa place naturelle. On va à la rencontre du public alors que normalement c’est le public qui choisit d’aller rencontrer le clown. Si un malade ne veut pas de toi, tu t’éclipses, tu ne forces pas. Ca crée une humilité très forte. 

Quelle est votre formation ?

J’ai d’abord fait 4 ans de théâtre à l’Institut Populaire de Culture en Colombie à Cali pour pouvoir maîtriser le jeu de scène et avoir les outils techniques.

J’ai ensuite fait l’Ecole Serge Martin en Suisse, basée sur la formation Lecoq, qui donne une grande place à l’expression et à la création, plutôt qu’au comédien comme interprète. Elle privilégie la place du corps, l’utilisation de masques et le jeu de mime.

Est-ce que le fait d’être Colombien joue, et si oui comment ?

Pas particulièrement. Le fait d’avoir un parcours d’exilé politique joue forcément de façon intrinsèque et involontaire. Mais je pense que ce n’est pas ma nationalité qui apporte quelque chose de particulier. C’est plutôt mon histoire. Comme l’histoire de tout un chacun génère un impact dans ce qu’il fait. 

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